The story of textiles in the 20th century is the story of chemistry. Changes in the chemical industry affected the textile industry and the two became intertwined. Chemistry had always played an important role in textile finishing but, starting around 1900, it became possible to apply knowledge about molecules to producing fibers themselves. [english below]
La recherche scientifique dans la course aux inventions
L’histoire des textiles du 20ème siècle est l’histoire de la chimie. Les bouleversements de l’industrie chimique affectèrent la filière textile et les deux secteurs se confondirent. La chimie avait toujours joué un rôle dans la finition textile, mais à partir de 1900, il devient possible d’appliquer la science moléculaire dans le but même de produire des fibres.

les scientifiques en blouse blanche des laboratoires Du Pont, une image qui sera souvent reprise par des multinationales de l'industrie chimique- ©Du Pont & Hagley Museum and library
Du Pont scientists at New York’s World Fair, 1939
Au début du 20ème siècle il y avait beaucoup à découvrir en chimie et en ingénierie chimique. Personne n’était en mesure de contrôler le savoir ou les ressources permettant de retirer une fibre d’un tube à essai et d’en faire une pièce de tissu. Seules les grandes entreprises détenues par des actionnaires pouvaient rassembler les connaissances de pointe et les équipements nécessaires afin de résoudre les problèmes complexes de la transformation des matériaux bruts en produits finis. L’ Allemagne avait été le centre de l’industrie chimique et de son lien avec la filière textile depuis le développement des teintures chimiques au cours du 19ème siècle. Vers 1900, les chimistes européens commencèrent à appliquer le savoir accumulé dans le domaine des textiles dans le développement de nouvelles fibres. Les chimistes élaborèrent les premières fibres à partir de matériaux comme le linter de coton ou le bois. Parce que ces fibres étaient constituées de matériaux à base de cellulose on leur donne le nom de cellulosiques. Ainsi la viscose (ou Rayonne) fut la première fibre produite par ce moyen. Au début la viscose n’était pas aussi résistante que la laine et le coton; mais vers 1930 on en perfectionna la finition et la viscose gagna son appellation de soie artificielle.
Avec la fin de la Première Guerre Mondiale et la défaite de l’Allemagne, les États-Unis s’accaparèrent tous les brevets allemands et les utilisèrent pour promouvoir l’industrie chimique américaine. L’une des entreprises leader de la chimie, Du Pont de Nemours devint la première à produire une fibre synthétique à des fins commerciales.

ces bas en viscose de la marque Bondor ont une texture soyeuse, brillante et semi-opaque rappelant beaucoup la soie- Collection personnelle
These Bondor rayon stockings have the silky smooth texture, the shine and the opacity of natural silk. Private collection
Le nylon résulta des 10 années d’efforts de recherche du laboratoire expérimental de Du Dupont. A l’origine, les chercheurs s’intéressaient surtout à améliorer les matériaux naturels, particulièrement ceux avec lesquels on fabriquait la lingerie. Ils ciblèrent la lingerie et le chaussant car c’étaient des produits fréquemment renouvelés par les consommateurs ce qui représentait une perspective de profits importants pour Du Pont. Ce qu’ils inventèrent était une fibre synthétique avec de toutes nouvelles propriétés. Jusqu’au milieu des années 50, l’histoire du nylon se déroule dans les quartiers de Du Pont.
The Du Pont Pavillion at the 1939 World Fair
Nylon stocking knitting demonstration, 1939 New York World’s Fair

Des bas soigneusement examinés par les modèles et les techniciens de Du Pont- ©Du Pont & Hagley Museum
Nylon stockings being examined by DuPont technican and fashion models, New York World’s Fair
Nylon made its debut on the lovely legs of Miss Chemistry at the World’s Fair in 1939
C’est à l’occasion de l’Exposition Universelle de New York en 1939 que les bas nylon sont présentés pour la première fois au public sur le stand Du Pont, à grand renforts de publicités et de démonstrations, de mises en scènes avec des modèles surnommées « Miss Nylon » ou même « Miss Chimie », qui sortit d’un tube à essais!
Douze années auparavant déjà, le 18 décembre 1926, Stine qui deviendra plus tard le Directeur du service de la Recherche chez Du Pont avait fait le premier pas de la longue route vers le nylon en proposant au comité exécutif de l’entreprise une note intitulée « Travaux de Science Pure ».
Stine voulait prendre la recherche en main avec « l’objectif d’établir ou de découvrir de nouveaux faits scientifiques », en contraste avec la politique de recherche d’alors de Du Pont, qui « appliquait des faits scientifiques pré-établis à des problèmes d’ordre pratique ». Il indiqua que « la recherche fondamentale ou expérimentale par des laboratoires avait été expérimentée par le passé » et avec succès par l’industrie chimique allemande et la GEC, la compagnie générale d’électricité. Il reconnut que les universités faisaient des quantités considérables de travaux en recherche fondamentale mais qu’il y avait des lacunes importantes dans leurs programmes; comme il le dit: « la recherche appliquée est en train de subir des restrictions dans ses principales matières pures ».
Il dégagea 4 raisons pour lesquelles Du Pont devait consacrer ses fonds à ce nouveau type de recherche industrielle. En premier venait le prestige scientifique ou « valeur publicitaire » qui pouvait être obtenu de la présentation et de la publication de documents. En second, l’intérêt de recherches scientifiques de haut niveau améliorerait la motivation et rendrait le recrutement de personnel chimiste qualifié plus aisé. Troisièmement, les résultats en sciences pures obtenus par Du Pont pourraient être échangés avec d’autres institutions. Quatrièmement, la science pure pourrait donner lieu à des applications pratiques.
Stine obtint plus qu’il n’avait demandé. Début avril 1927, la recherche fondamentale recevait 25 000$ par mois, beaucoup plus que Stine ne pouvait dépenser sur plusieurs années. Dans le cadre de son budget de 1927, il reçut 115 000 $ pour la construction d’un nouveau laboratoire dédié à la recherche fondamentale, que les chimistes de Du Pont surnommèrent rapidement: « la Salle de la Pureté ». Stine commença à rechercher 25 scientifiques à affecter au nouveau bâtiment en cours de construction.
Stine croyait que son programme ne pourrait fonctionner que s’il parvenait à recruter « des hommes à l’habileté avérée et reconnus dans leurs domaines de compétence respectifs ». Mais il réalisa qu’il serait difficile ou même impossible de recruter de telles personnes, qui travaillaient toutes dans des académies et avaient développé des lignes de recherche spécifiques. Il proposa donc de copier ce que General Electric et Bell Labs avaient fait avec succès: recruter des « scientifiques très prometteurs mais sans réputation établie. Dans ce cas, la nature de leurs travaux pourra être largement décidée par nous-mêmes ».
Carothers and Hill built this molecular still to produce their first superpolymers in 1930
Fin 1927 il avait 8 hommes dans diverses sections de la recherche fondamentale. Il avait espéré en avoir 15 dans la chimie organique seule et pouvoir y consacrer la moitié de son budget. Mais début 1928 il n’avait réussi qu’à recruter un seul homme, un instructeur de l’Université de Harvard âgé de 31 ans, Wallace Hume Carothers. (Suite fin ici)
Wallace Hume Carothers in his Du Pont lab
The story of textiles in the 20th century is the story of chemistry. Changes in the chemical industry affected the textile industry and the two became intertwined. Chemistry had always played an important role in textile finishing but, starting around 1900, it became possible to apply knowledge about molecules to producing fibers themselves.
By the early 20th century there was a lot to know about chemistry and chemical engineering. No one person controlled the knowledge or the resources to pull a fiber out of a test tube and make it into a piece of fabric. Only large corporations, owned by many stockholders, could bring together the specialized knowledge and equipment required to solve the complex engineering problems of transforming raw materials into a finished product. Germany had been the center of the chemical industry and its connection with the textile industry since the development of synthetic dyes in the 19th century. Around 1900, chemists in Europe began applying their knowledge of textiles to the development of new fibers. Chemists first made fibers out of natural materials such as cotton linters and wood. Because these fibers were made of cellulose-based materials, they are called cellulosics. Rayon was the first such manufactured fiber. In the beginning, rayon was not so resilient as wool and cotton; but by the 1930s the finish had been perfected and rayon became known as artificial silk. With the end of World War I and the defeat of Germany, the U.S. took over all of the German patents and used them to promote the American chemical industry. One of America’s leading chemical firms, Du Pont, became the first to commercially produce a synthetic fiber.
Nylon resulted from about ten years of concentrated research at Du Pont’s Experimental Station. Originally, the researchers had sought to improve natural materials, particularly those used to make hosiery. They targeted hosiery because it was an item consumers bought often and thus presented Du Pont with the opportunity for large profits. What they discovered was a synthetic fiber with wholly new properties. Through the mid-1950s, the story of nylon takes place within Du Pont.Nylon stockings were shon to the public for the first time at New York’s World Fair in 1939, using a lot of advertisement, demonstrations and models wearing nylons dramatized as « Miss Nylon » or « Miss Chemistry » who emerged from a test tube, a testament to modern science!
Twelve years earlier, on December 18, 1926, Stine, then the director of Du Pont’s Chemical [ie., central research] Department, had taken the first step down the very long road to nylon by submitting to the company’s executive committee a short memorandum entitled « Pure Science Work. »
Stine wanted to undertake research with « the object of establishing or discovering new scientific facts, » as contrasted with Du Pont’s current research, which « applied previously established scientific facts to practical problems. » He pointed out that « fundamental or pioneer research work by industrial laboratories was not an untried experiment » but rather had been successful in the German chemical industry and in the General Electric Company. He recognized that universities did a considerable amount of fundamental research but noted that there were some important gaps in their programs; as he put it, « applied research is facing a shortage of its principal raw materials. »
He listed four reasons why Du Pont should spend its money on this new kind of industrial chemical research. First was the scientific prestige or « advertising value » to be gained through the presentation and publishing of papers. Second, interesting scientific research would improve morale and make the recruiting of Ph.D. chemists easier. Third, the results of Du Pont’s pure-science work could be used to barter for information about research in other institutions. Fourth, pure science might give rise to practical applications.
Stine got even more than he asked for. Beginning in April 1927, fundamental research was to receive $25,000 a month, much more than Stine could possibly spend for several years. As part of his 1927 budget, Stine received $115,000 to build a new laboratory for fundamental research, which Du Pont chemists quickly dubbed « Purity Hall. » With the new building under construction, Stine began to look for 25 scientists to fill it.
From the outset Stine believed that his program would succeed only if he could hire « men of proven ability and recognized standing in their respective fields. » But he realized that it would be difficult and maybe impossible to recruit such men, all of whom worked in academia and had developed specific lines of research. Alternatively he proposed to do what General Electric and Bell Labs had done successfully: hire « men of exceptional scientific promise but [with] no established reputation. In this case the nature of their work can largely be determined by us. »
By the end of 1927 he had eight men at work on several lines of fundamental research. He had hoped to have 15 men working on organic chemistry alone and to spend nearly half his budget on it. But by the beginning of 1928 he had succeeded in hiring only one man, a thirty-one-year-old instructor from Harvard University named Wallace Hume Carothers. (Last and final article here)











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